dimanche 11 septembre 2016

AF0009 - 11 septembre : je vous déteste tous!

ni prendre, ni laisser. juste continuer d'être, et vivre un peu.
boire des cafés. peut-être pas.


c'est plein d'espace et vide de toute intimité
plein de belles choses, bourré de faux amis.
grand, grand comme tout, mais sans nulle part où crécher : le bordel
alors méthodiquement rien explorer
rien bien voir, être simplement
un peu partout, parfaitement nulle part.
on comptait les seins en liberté,
petite révolution américaine.



égrenions tous les musées possibles, tous!, autant que possible!
puis la fatigue, puis la chaleur avaient raison, toujours gagnantes, toujours perdants...

le dernier soir j'ai tenté un barouf, rester à tout prix, mais prix raisonnable tout de même. moi et tous les cafards de la ville, alors, tous voulions la même chambre. je l'ai pas eue. retour au bercail en catastrophe par le dernier vol.
tenir assis. n'implique pas forcément ne pas tenir debout. même si mal. si pas beaucoup. si finalement non, pas encore, reprendre pied encore, la ville encore, toujours elle, éternellement elle.



c'était comme se coincer un doigt avec dignité. en silence. on devrait toujours crier cependant, au moins lancer un ouille, l'esquisse d'une complainte ? mais rien n'allait tant que la ville se refuse. or la ville ne voulait guère. j'ai donc zoné là, silence et longueur de temps, patience infinie de l'amour, demain il fera jour. mais le doigt, la douleur, le temps jouaient, faut dire. il faut dire ! crier ! six mois de temps. et pas un mot.
___
Des corps, des esprits me reviennent
Des décors, des scènes, des arènes
Hantez, hantez, faites comme chez vous, restez
Si tout devient opaque
Ma reine, ma reine
J'ai bien aimé ta paire de claques
Et surtout ton dernier baiser
Des visages, des figures
Dévisagent, défigurent
Des figurants à effacer

mardi 9 août 2016

AEE770, 9 août : départition totale

rentrer pour échouer, sans autre raison. 
juste le temps de poser un sac, repartir. l'ambition : c'était voler.
Paris en août, tu m'emmerdes, t'es pâle et grise, 
sans relief, pas le moindre. 
on te survit à petit coup de rien.

ce silence m'obsède. je tourne autour de la page blanche, irrésolu, inconsolable. il n'y a plus de mots, pas une image, faut se nourrir d'imaginaire. 

Paris en août : je vous déteste tous ! méthodiquement, sans état d'âme. 
alors j'ai préparé un mot méchant pour chacun, 
emballé un petit paquet de haine pour tous,
parce que la misanthropie est un art majeur
il convient de ne négliger aucun détail.
alors que la ville tant aimée se refuse obstinément. ne laisse pas même sourdre un semblant de succès, une once de plaisir, un balbutiement de contrepartie à notre union
c'est sans remède. j'y vais à coup de roupillons dans les squares. éteindrai bientôt les réseaux, renoncerai à la frénésie des échanges, effacerai les contacts ? 

voyager : c'est bien inutile ! 
on nous bourre le moi avec cet épouvantail. si encore c'était le mou hépatique, ce sacro-saint organe de la pureté humaine... mais vivre sans les mots, est-ce encore bien vivre ? ça manque salement d'existence, de pouvoir sur soi, de rétroaction.

tout compromis impossible, advient le départiteur. 
petit supplément dément de mes fondamentaux, nouvelle assise encore bien fragile. à petites touches, le déséquilibre et la prégnance du silence confirment leur règne.
le silence c'est presque rien, mais ce rien comble en tout sens la jachère existentielle. en août, je me rien. les insectes prennent tout le reste. l'espace et le désir. la volonté. le néant, qui sait ? bientôt même Paris manque de relief, me manque, se manquerait à elle même si elle avait un miroir ! 
rater sa ville. puis continuer à se départir, sans cesse.